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IACM-Bulletin du 26 Juillet 2008

Science: dans une étude clinique, le sativex diminue l’intensité de la douleur évaluée objectivement avec un marqueur neurophysiologique

Des chercheurs de l’université de Rome (Italie) ont étudié les changements du « réflexe de flexion » en administrant soit l’extrait de cannabis sativex soit un placebo à un groupe de 17 patients présentant une sclérose en plaques. Ce réflexe, également appelé réflexe nociceptif de flexion, a pour fonction de protéger le corps de stimuli nocifs, dont l’exemple le plus connu est sans aucun doute celui du retrait immédiat de la main dès que celle-ci rencontre une source de chaleur. La technique du réflexe de flexion est couramment appliquée pour évaluer le seuil de douleur ainsi que pour étudier les systèmes neurotransmetteurs qui jouent un rôle dans la maîtrise de la douleur. Ce réflexe se compose de deux réactions : une première, appelée réflexe RII et une deuxième appelée réflexe RIII. Il est supposé que le seuil d’apparition du réflexe RIII correspond au seuil d’apparition de la douleur et que la puissance du réflexe au niveau de la perception douloureuse.

Chez les patients, à qui l’on a administré le sativex, une élévation du seuil d’apparition et une baisse de la puissance du réflexe RIII ont été notées. Les auteurs de l’étude ont conclu que « les changements produits par les cannabinoïdes dans les domaines du seuil et de la puissance du réflexe RIII sont une preuve neurophysiologique objective de l’action des cannabinoïdes sur le système nociceptif chez les patients SEP ».

(Source : Conte A, Bettolo CM, Onesti E, Frasca V, Iacovelli E, Gilio F, Giacomelli E, Gabriele M, Aragona M, Tomassini V, Pantano P, Pozzilli C, Inghilleri M. Cannabinoid-induced effects on the nociceptive system: A neurophysiological study in patients with secondary progressive multiple sclerosis. EUR J Pain, du 4 juillet 2008 [publication électronique avant impression])

Science: un rapport de cas démontre l’efficacité du nabilone dans le traitement de l’agitation associée à la maladie d’Alzheimer

Un médecin de la clinique psychiatrique de l’université de la Colombie britannique (Canada) a rapporté le cas d’un homme âgé de 72 ans, atteint de la maladie d’Alzheimer, chez qui l’administration à faible dose de nabilone a permis de calmer l’agitation du patient de manière tout à fait remarquable. Trois années après le diagnostic de la maladie d’Alzheimer, des symptômes comportementaux, dont l’errance, l’agitation et l’agressivité, sont apparus chez l’homme en question. Ce dernier a dû être transféré dans une maison médicalisée où de nombreux médicaments (y compris la gabapentine, le trazodone et la quétiapine) lui ont été administrés dans le but d’adoucir le comportement. Les symptômes n’ont répondu que faiblement – voire pas du tout - aux traitements qui, en outre, ont provoqué d’importants effets secondaires nécessitant finalement l’hospitalisation du patient. Le comportement fortement agressif de ce dernier envers le personnel au moment de la toilette a nécessité un recours régulier au sédatif lorazépame produisant des effets variables. Une légère amélioration de l’agitation, avec toutefois une anxiété persistante, a été observée chez le patient suite au remplacement du trazodone.

En fait, on a décidé de lui administrer chaque soir du nabilone, un dérivé du THC, à un dosage de 0,5 mg. Le nouveau traitement a conduit à une réduction immédiate de l’intensité de l’agitation et de l’anxiété pendant la toilette du soir. Suite à ce constat, l’administration a été étendue à deux prises de 0,5 mg par jour toujours avec l’objectif de faciliter les soins d’hygiène corporelle au personnel de l’hôpital. L’apaisement de l’anxiété s’est poursuivi sans provoquer d’effets secondaires. Après six semaines de traitement avec le nabilone et grâce à une amélioration fort positive des symptômes comportementaux, l’homme a pu retourner à la maison médicalisée. Trois mois plus tard, ceux-ci étaient toujours parfaitement contrôlés. L’auteur de ce rapport de cas a conclu que « pour l’instant, il existe seulement peu – voire pas du tout – de possibilités de traitement pour les patients présentant des symptômes, tels que l’agitation et l’agressivité, associés à une démence persistante qui agissent immédiatement, qui sont bien tolérées et dont les effets bénéfiques persistent à long terme ».

(Source : Passmore MJ. The cannabinoid receptor agonist nabilone for the treatment of dementia-related agitation. Int J Geriatr Psychiatry 2008;23(1):116-7.)

Autriche: dépénalisation de la possession de cannabis à usage personnel indépendamment de la quantité

Un verdict récent met en lumière la question des conséquences de l’entrée en vigueur de la nouvelle Loi sur les substances narcotiques en Autriche : c’est avec un non-lieu en poche qu’un citoyen autrichien ayant récolté plus de dix kilos de cannabis a pu quitter tout récemment le tribunal. En effet, le Parquet venait d’annuler la procédure avec une mise à l’épreuve de deux ans. Sous la nouvelle Loi sur les substances narcotiques, le Procureur ne peut désormais plus invoquer le chef d’accusation de la possession de substances si celles-ci sont destinées « exclusivement à l’usage personnel » de l’accusé. Cependant, dans le cas d’une récidive au cours de la mise à l’épreuve, la personne en question risque tout de même une inculpation du fait que la possession de cannabis reste toujours illégale.

Jusqu’au premier janvier et sous l’ancienne loi, le non-lieu n’était possible que si l’accusé était en possession d’une « quantité très faible » - représentant pour le cannabis – comme, entre autres, en Allemagne - seulement quelques grammes. Or la nouvelle loi ne se base plus sur la limite des quantités, mais sur le fait de posséder la substance en vue de la consommer personnellement. Dans le cas relaté ci-dessus, l’accusé s’est défendu en expliquant qu’il avait cueilli ce cannabis parce qu’il avait découvert la plantation « par hasard » et rendant ainsi les preuves permettant de présumer une commercialisation de la drogue insuffisantes. D’après un collaborateur du ministère autrichien de la Justice, l’amendement de la Loi sur les substances narcotiques était nécessaire suite à une décision-cadre sur le trafic illicite de stupéfiants, qui vise à sanctionner plus sévèrement les trafiquants. Par conséquent, il fallait également différencier de manière beaucoup plus précise le trafic illicite et la possession à des fins de consommation personnelle de cannabis.

Pour plus d’infos :
www.nachrichten.at/regional/705256?PHPSESSID=7bcf2b7f4067d1e6acf5009be45df31a

(Source : www.nachrichten.at, du 2 juillet 2008)

En bref

Science: extrait de cannabis
Selon des recherches menées à l’université de Milan (Italie), un extrait de cannabis (sativex) s’est montré plus efficace que le THC seul (dronabinol) pour réduire les douleurs neuropathiques dans le modèle animal. L’effet complémentaire ainsi découvert n’a pas été transmis par les récepteurs aux cannabinoïdes, mais par les récepteurs vanilloïdes. En se basant sur les faits que, primo, seul le cannabidiol (CBD) était représenté à forte concentration dans la composition et que, secundo, lui seul se lie à ces récepteurs, les chercheurs présument que c’était aussi le CBD qui était responsable de l’effet analgésique complémentaire. (Source : Comelli F, et al. Phytother Res, du 10 juillet 2008 [publication électronique avant impression)

Suisse: initiative du chanvre
Lors de la votation du 30 novembre prochain, les citoyens suisses pourront se prononcer sur l’initiative « pour une politique raisonnable en matière de chanvre protégeant efficacement la jeunesse ». Cette initiative populaire prévoit de dépénaliser la consommation des composants psychoactifs du chanvre, ainsi que la possession, l’approvisionnement et la culture pour consommation personnelle de la plante. Le Parti démocrate-chrétien (PDC) recommande à ses électeurs de rejeter l’initiative tandis que les Socialistes (PS) et les Libéraux-Radicaux (PLR) Libéraux prônent le oui. (Source : 20min.ch, du 28 juin 2008)

Etats-Unis: politique en matière de drogues
Dans un essai, John Carnevale, ancien Directeur du budget du Service chargé de la politique nationale de lutte contre la drogue de la Maison Blanche (ONDCP, Office of National Drug Control Policy) contredit les affirmations de l’ONDCP, selon lesquelles les États-Unis progresseraient dans ce qu’ils appellent « la Guerre contre les drogues ». Il écrit que L’ONDCP « affirme que l’Amérique est arrivée à un tournant dans la lutte contre les drogues. En réalité, peu de raisons laissent réellement croire qu’un changement important se soit produit. Bien que le Congrès ait instauré l’ONDCP pour définir une politique guidée par la recherche et basée sur des résultats, valuer celle-ci par rapport aux chiffres sur l’efficacité et, si nécessaire, la modifier en fonction,….l’ONDCP échoue à toutes ces tâches ». (Source : NORML, du 17 juillet 2008)

Italie: mouvement rastafari
Le 10 juillet, la Cour de cassation italienne a jugé que le mouvement religieux rastafari considère le cannabis comme sacrement et que, par conséquent, ses adeptes doivent être jugés différemment que les autres citoyens s’ils sont accusés de trafic de drogues après avoir été arrêtés en possession de cannabis, mais aussi de reconsidérer les limites des quantités autorisées. Le cas qui a été présenté devant les juges étaient celui d’un musicien reggae, condamné à 16 mois d’emprisonnement par un tribunal inférieur de Pérouse pour avoir possédé une quantité de cannabis qui aurait permis de rouler pas moins de 70 cigarettes. La Cour de cassation a prononcé le non-lieu en jugeant que cette quantité pourrait être celle destinée à une consommation personnelle compte tenu des doses importantes que les rastas ont l’habitude de fumer. Les juges ont néanmoins demandé que le cas soit étudié par la Cour d’appel de Florence. (Source : Reuters, du 10 juillet 2008)

Argentine: consommation à usage personnel
Tout récemment, une Cour d’appel d’Argentine a prononcé un non-lieu suite à la condamnation d’un homme qui a cultivé du cannabis sur son balcon pour sa consommation personnelle. Cette décision a ainsi annulé le jugement d’un tribunal inférieur. (Source : www.asteriscos.tv, du 10 juin 2008)

Science: leucémie
Des chercheurs de l’université de Londres (Grande-Bretagne) ont découvert un effet synergétique du dronabinol (THC) et de substances cytotoxiques, tous deux utilisés dans le traitement de la leucémie. Dans cette étude, le dronabinol a sensibilisé les cellules leucémiques à deux médicaments cytotoxiques. Les auteurs ont conclu que « un traitement qui associe le THC à des substances cytotoxiques reconnues peut renforcer le pourcentage de mort cellulaire in vitro ». (Source : Liu WM, et al. Leuk Lymphoma, du 30 juin 2008 [publication électronique avant impression])

Science: douleurs
Des chercheurs danois ont comparé divers effets analgésiques produits par un cannabinoïde synthétique (WIN55,212-2) à faible dosage dans les modèles animaux des douleurs neuropathiques et associées au cancer. Ils ont découvert qu’un traitement de 18 jours a réduit l’expression de la douleur chez les animaux avec un cancer sans pour autant l’améliorer chez les animaux avec des douleurs neuropathiques. (Source : Hald A, et al. Pharmacol Biochem Behav, du 20 juin 2008 [publication électronique avant impression])

Science: nouveau promédicament du THC
Des chercheurs de l’université du Mississippi (États-Unis) ont étudié les possibilités permettant de stabiliser un nouveau promédicament thermolabile du THC, le THC-hémi-glutarate ou THC-HG. La composition a été développée grâce à un procédé spécial qui permet à la substance de fondre dans la bouche et d’être ainsi absorbée par les muqueuses buccales. (Source : Thumma S, et al. EUR J Pharm Biopharm, du 18 juin 2008 [publication électronique avant impression])

Science: violence à la télévision
Des travaux conduits à l’université de New York, ont associé la consommation de programmes violents à la télévision vers la fin de l’adolescence à une dépendance à la nicotine et aux drogues plus tard dans la vie. (Source : Brook DW, et al. Am J Addict 2008;17(4):271-7.)

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L'IACM tiendra sa 11e conférence sur les cannabinoïdes en médecine en collaboration avec l'Asociación Mexicana de Medicina Cannabinodie du 5 au 7 novembre 2020 à Mexico. Il s'agira d'un congrès virtuel. Vous trouverez ici des informations sur les frais d'inscription et un lien pour l'inscription.

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