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IACM-Bulletin du 05 Mai 2008

Science: dans une étude clinique, le cannabis s’est montré efficace pour traiter les douleurs neuropathiques

Dans une étude clinique contrôlée contre placebo menée à l’université de Californie (États-Unis), incluant 38 patients âgés de 46 ans en moyenne, le fait de fumer du cannabis a permis de réduire les douleurs neuropathiques d'origines diverses (dont, entre autres, le diabète, la paraplégie et la sclérose en plaques). Á trois occasions distinctes, les participants ont reçu du cannabis dosé à 3,5 % de THC, à 7 % de THC ou encore à 0 % de THC (placebo). Lors des séances, espacées d’au moins trois jours, les patients ont respecté un protocole standardisé fixant le nombre exact d’inhalations à faire avec les cigarettes de cannabis afin de garantir au maximum le respect des dosages pour les 3 différentes teneurs en THC.

Tous les participants avaient déjà expérimenté le cannabis auparavant, mais n'avaient plus consommé ni du cannabis ni du THC (marinol) depuis un minimum de 30 jours avant le début de l’étude. 31 patients étaient en plus sous traitement avec des opiacés qu’ils ont continué de prendre pendant l'étude. Les deux dosages de cannabis contenant du THC ont provoqué une réduction notable de l’intensité des douleurs pendant plusieurs heures, et ce sans différence entre les deux doses. Les chercheurs ont souligné que « les effets psychoactifs ont été faibles et bien tolérés, mais, qu’en revanche, l'apparition de déficiences neuropsychologiques posait des problèmes, notamment dans le cas de la concentration en THC la plus élevée ».

(Source : Wilsey B, Marcotte T, Tsodikov A, Millman J, Bentley H, Gouaux B, Fishman S. A randomized, placebo-controlled, crossover trial of cannabis cigarettes in neuropathic pain. J Pain, du 8 avril 2008 [publication électronique avant impression])

Science: le nabilone a réduit l’intensité des douleurs ainsi que des nausées chez des patients atteints d’un cancer avancé, et leur a permis de diminuer les doses d’opiacés

Une étude d’observation prospective sur l’efficacité du nabilone, un dérivé synthétique du THC, chez des patients atteints d’un cancer avancé a été conduite à l’université de Toronto (Canada). Pour mener ce travail, les effets du nabilone administré à 47 patients ont été étudiés puis comparés à un groupe témoin composé de 65 patients également atteints d'un cancer.

Parmi les patients traités avec le médicament cannabinoïde, les chercheurs ont observé une réduction significative de l’intensité des douleurs ainsi que de la consommation d'opiacés, et une nette amélioration quant à l’apparition de nausées, d’angoisses et de stress en général. Comparés au groupe témoin, les patients ayant reçu le traitement à base de cannabinoïdes ont moins souvent entamé un traitement avec des anti-inflammatoires non stéroïdiens, des antidépresseurs tricycliques, de l’antalgique gabapentine, de la cortisone dexaméthasone et des antiémétiques métoclopramide et ondansétrone ou, s’ils prenaient l'un de ces médicaments, ils étaient davantage enclins à arrêter celui-ci.

(Source : Maida V, Ennis M, Irani S, Corbo M, Dolzhykov M. Adjunctive nabilone in cancer pain and symptom management: a prospective observational study using propensity scoring. J Support Oncol 2008;6(3):119-24.)

Science: les cannabinoïdes peuvent être bénéfiques pour diminuer les effets secondaires indésirables associés aux médicaments antiviraux préconisés dans le traitement de l'hépatite C

Des chercheurs de l’université d’Ottawa (Canada) indiquent que l’utilisation de cannabinoïdes pouvait être bénéfique pour traiter la perte de l'appétit et les nausées chez des patients atteints d'une hépatite C. Pour établir cette hypothèse, ils ont consulté les dossiers de tous les patients atteints d’une hépatite C (au total 191 personnes) ayant bénéficié entre août 2003 et janvier 2007 d‘un traitement à base de ribavirine et d’interféron. Parmi eux, il y avait également 25 personnes qui ont reçu en plus un traitement oral à base de cannabinoïdes. Ce dernier a été commencé généralement sept semaines après le début lu traitement antiviral. Les principales raisons pour une préconisation des cannabinoïdes ont été la perte d’appétit (pour 72 %) et les nausées (pour 32 %).

Parmi les 25 patients ayant bénéficié de ce traitement complémentaire, 64 % ont rapporté avoir ressenti une amélioration des symptômes. Avant la prise des cannabinoïdes, les patients avaient perdu en moyenne 4,5 kg. Puis, au bout d'un mois, une stabilisation du poids a été observée chez les patients traités avec les cannabinoïdes. Quelques rares cas de diminution des doses d’interféron ont pu être enregistrés, sans différence notable du nombre des patients ayant reçu le traitement complémentaire et des autres. En revanche, le pourcentage des personnes qui ont terminé un cycle entier de traitement antiviral contre l’hépatite C et qui ont atteint une réponse virologique durable a été plus important chez les personnes ayant reçu les cannabinoïdes.

(Source : Costiniuk CT, Mills E, Cooper CL. Evaluation of oral cannabinoid-containing medications for the management of interferon and ribavirin-induced anorexia, nausea and weight loss in patients treated for chronic hepatitis C virus. Can J Gastroenterol 2008;22(4):376-80.)

Science: dans le modèle animal du diabète, l’anandamide a été efficace pour lutter contre l’impuissance

Selon une étude de l’Institut de pharmacologie de l’université de Téhéran (Iran), l’endocannabinoïde anandamide a permis de mieux relâcher les muscles du corps caverneux du sexe de rats masculins diabétiques. Pour mener ce travail, les chercheurs ont dû tuer les animaux puis isoler les corps caverneux qui, une fois mélangés à une solution, ont été mis en contact avec différentes substances. Comparés aux corps caverneux de rongeurs en bonne santé, la capacité de relâchement des corps des animaux diabétiques a été diminuée par la présence d'un champ électrique. C’est ce qui a pu être améliorée par l’administration de deux substances: l’anandamide et l’arginine. Cette amélioration a encore été accentuée par l’administration des deux substances associées, et ce même avec des concentrations faibles.

Nous savions déjà que les diabétiques pouvaient souffrir de troubles neurogènes se traduisant au niveau du corps caverneux et entraînant des troubles de l’érection. Il est possible que ce trouble soit dû à une production insuffisante de monoxyde d'azote. C’est cette molécule qui déclenche le processus qui permet ensuite de relâcher les muscles du corps caverneux pour augmenter l’irrigation sanguine et, par conséquent, l'érection. L’acide aminé arginine est le précurseur du monoxyde d’azote et intervient dans l'accroissement du taux de cette molécule dans le sang. L’anandamide exerce une fonction favorisant l’érection par l’activation des récepteurs CB1 et du récepteur vanilloïde 1. Des travaux permettant de savoir si oui ou non le THC pourrait jouer le même rôle n’ont pas encore été menés.

(Source : Ghasemi M, Sadeghipour H, Dehpour AR. Anandamide improves the impaired nitric oxide-mediated neurogenic relaxation of the corpus cavernosum in diabetic rats: involvement of cannabinoid CB1 and vanilloid VR1 receptors. BJU Int 2007;100(6):1385-90.)

En bref

Science: la théorie de la drogue-palier
La théorie sur le cannabis comme drogue-palier n'a pas pu être confirmée par les résultats d’une étude conduite par des chercheurs de l’université de Pennsylvanie auprès de jumeaux. Ils ont noté que « au lieu de soutenir l’interprétation selon laquelle la consommation de la marijuana pousserait à la consommation de drogues dures, nos résultats suggèrent plutôt que le modèle longitudinal de la consommation de drogues, jusqu’alors interprété comme ‘effet-palier’, correspondraient davantage à un processus évolutif sous influence génétique ». (Source : Cleveland HH &Wiebe RP. Dev Psychopathol 2008;20(2):615-32.)

Autriche/Espagne: sativex
Il est désormais possible de se procurer du sativex dans toute l’Espagne. Le médicament est classé par l’administration comme substance d'utilisation de secours (compassionate use), c’est-à-dire à utiliser dans le cas où aucun autre médicament n’est suffisamment efficace. Il s’agit d’une conséquence directe des résultats d’une étude avec le sativex qui a été conduite en Catalogne. Depuis peu, le sativex est aussi disponible en Autriche sur présentation d’une ordonnance médicale. (Source : communiqué personnel de Marta Duran et de Kurt Blaas)

Chypre : Congrès de l’ICRS
L’ICRS (Société internationale de recherche sur les cannabinoïdes) organise du 1er au 4 mai 2008 un Congrès à Chypre sur le potentiel thérapeutique des cannabinoïdes. Le programme ainsi que les résumés de toutes les conférences sont disponibles sur :
www.cannabinoidsociety.org/SYMPOSIUM.2008/2008.Limassol/Program/2008.Limassol.Satellite.Program.pdf (Source : ICRS)

Argentine: acquittement
Une cour d’appel de Buenos Aires a déclaré l’interdiction de possession de drogues pour la consommation personnelle non constitutionnelle et a acquitté deux prévenus jugés pour avoir possédé de petites quantités de cannabis et d’ecstasy. La cour suprême d’Argentine réexaminera le cas. Selon un article dans la presse, le gouvernement serait en faveur d’une dépénalisation de la consommation de drogues. (Source : El Financiero, du 23 avril 2008)

Science: lésion cérébrale
Des chercheurs de l’université d’Oxford (Grande-Bretagne) ont étudié la structure cérébrale de consommateurs réguliers de cannabis ayant commencé à un âge jeune. Ils ont découvert des modifications anormales dans le corps calleux qui pourraient être à l’origine de conséquences d’ordre cognitif néfastes suite à une consommation importante et sur le long terme de cannabis par ces personnes. Le corps calleux relie les deux hémisphères cérébraux entre-eux. (Source : Arnone D, et al. Neuroimage, du 14 mars 2008 [publication électronique avant impression])

Science: endométrite
L’endomètre est la membrane qui tapisse l'intérieur de l'utérus. Des chercheurs de l’université de Naples (Italie) ont découvert que l’inflammation de l’endomètre (endométrite) est associée à une augmentation du nombre de récepteurs CB2 dans l’utérus. Ils supposent que cette augmentation pourrait favoriser un possible effet anti-inflammatoire des endocannabinoïdes grâce à leur liaison aux récepteurs CB2. (Source : Iuvone T, et al. J Cell Mol Med 2008;12(2):661-670.)

Science: arthrite
Une recherche a focalisé la présence de récepteurs aux cannabinoïdes et d'endocannabinoïdes dans les genoux de 45 patients ayant subi une intervention chirurgicale à cause d’une arthrite. Ils ont découvert la présence de deux endocannabinoïdes, l’anandamide et le 2-AG dans le liquide synovial des patients, alors que ces molécules sont absentes chez les sujets en bonne santé (groupe témoin). Cette découverte laisse supposer que les cannabinoïdes pourraient être bénéfiques dans le traitement des douleurs et inflammations de l'arthrite. (Source : Richardson D, et al. Arthritis Res Ther 2008;10(2):R43.)

ONU: Antonio Costa
Au cours de la Conférence annuelle du Comité chargé des questions sur les Narcotiques (CND, Committee on Narcotic Drugs) des Nations unies qui s’est déroulée au mois de mars dernier, Bruno Costa, Directeur du Bureau de contrôle des drogues et de la prévention du crime (UNODC), a été interpellé sur la question des Pays-Bas et la raison pour laquelle ce pays n’enregistrait pas un taux de consommation de cannabis plus élevé que les pays voisins. Comme M. Costa l’a déjà fait auparavant, il a évité d'y répondre. La vidéo sur cette question et la réaction de Monsieur Costa est disponible sur : www.youtube.com/watch?v=fe208nLLEwk (Source : www.youtube.com

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